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Martin Fournier

Le Casse-pieds chinois

 

Un scénario de Martin Fournier avec la participation de Colin Voisin

Long-métrage – Fiction – Comédie

retour aux projets de Martin Fournier

 

SYNOPSIS

Lorsque son entreprise décide de délocaliser sa production de Russie en Chine, Patrick, jeune cadre dynamique obnubilé par la réussite professionnelle, fait croire à son patron qu’il maîtrise parfaitement le chinois alors qu’il n’en parle pas un mot. Pour maintenir l’illusion, il est contraint de faire équipe avec Chang, un jeune Chinois fantasque et imprévisible qui ne fait que lui compliquer la tâche.
La situation échappe rapidement à tout contrôle lorsque les partenaires chinois viennent à Paris pour finaliser un contrat décisif et que Yun, la fille du grand patron, se fait enlever par une triade. Patrick et Chang partent alors à la recherche de la jeune femme dans une enquête mouvementée au cœur de la communauté chinoise. Pour mener leur mission à bien il leur faudra infiltrer des réseaux clandestins chinois mais ils devront avant tout composer avec leurs personnalités diamétralement opposées et apprendre à faire de leurs différences un atout pour sortir de situations de plus en plus périlleuses et rocambolesques.


EXTRAIT


NOTE D’INTENTION

 

Le casse-pieds chinois est né du croisement entre une histoire vraie et un espoir.
L’histoire vraie est celle d’un ami parvenu à se faire employer par la filiale hongkongaise d’une marque prestigieuse de montres suisses en prétendant parler couramment le mandarin, alors qu’il n’en connaissait que quelques mots. Mettant en œuvre les dispositifs les plus improbables, il est parvenu à maintenir l’illusion le temps d’acquérir les compétences linguistiques minimales nécessaires à son poste sans se faire démasquer.
L’espoir est celui de voir un jour voler en éclat l’image caricaturale plaquée sur les Chinois dans les sociétés occidentales et en particulier en France. Une image de fadeur, d’absence d’humour et d’originalité, de vie centrée sur le travail… J’ai eu la chance de résider pendant dix ans en Chine et à Hong Kong et je côtoie la communauté asiatique depuis plus de vingt ans. Il va sans dire que j’y trouve la même richesse de caractères et de personnalités que dans toutes les autres. Oui, les Chinois ont de l’humour ! Oui, il y a des Chinois originaux, fins, insouciants et amusants ! Oui, Chang existe ! Mais pour le rencontrer, encore faut-il se libérer de la couche de préjugés qui entoure sa communauté

C’est au croisement de cette histoire vraie et de cet espoir que sont nés les deux personnages principaux du Casse-pieds chinois. Patrick est un jeune cadre ambitieux obnubilé par la réussite professionnelle qui fait le pari insensé de prétendre maîtriser le chinois pour conserver son emploi. A ses côtés, Chang, immigré chinois clandestin, tord le cou aux clichés : fantasque, drôle, insouciant, il est même un peu fainéant… Le film se développe sur le croisement de ces deux trajectoires si éloignées, exploitant la richesse de leur rencontre et de leur découverte réciproque.

A travers un Buddy movie traité sous l’angle de la franche comédie, Le casse-pieds chinois propose ainsi une réflexion sur l’apparence. L’apparence de sérieux d’un Patrick qui ment à son patron. L’apparence de ces Chinois qui « se ressemblent tous », mise à mal par la singularité du personnage de Chang. Ce thème transversal du décalage entre l’apparence et la nature véritable est renforcé tout au long du film par la multiplication des ironies dramatiques, chaque personnage ayant quelque chose à cacher, une vérité non dite tapie derrière l’image qu’il propose aux autres.

Les clichés et les caricatures pèsent particulièrement sur les jeunes Chinois de France aujourd’hui, alors que se multiplient les actes racistes contre les asiatiques. Les manifestations organisées après la mort d’un couturier chinois agressé à Aubervillier en août dernier[1] ont contribué à libérer la parole sur ce malaise profond. Malheureusement, les préjugés caricaturaux se nourrissent de l’image proposée par le cinéma sur cette communauté et les jeunes Chinois n’ont que peu de figures emblématiques sur lesquelles se projeter pour briser les clichés. A quelques rarissimes exceptions près, les personnages asiatiques du cinéma français sont cantonnés à de simples seconds ou troisièmes rôles sans profondeur de restaurateurs ou de patrons de PMU. Les stars chinoises internationales comme Jacky Chang, Andy Lau ou Zhang Ziyi incarnent quant à elles des personnages ancrés dans des périodes ou des cultures trop éloignées pour permettre une véritable identification communautaire dans la France d’aujourd’hui. Il a fallu des décennies pour que le cinéma occidental propose des rôles d’intellectuels à des personnages noirs, le fantasque Chang se propose comme éclaireur pour décoincer l’image terne des Chinois dans le cinéma et la société française.
Au delà d’une simple question d’image, de nombreuses idées fausses s’accumulent sur la communauté asiatique. Sans que cela ne constitue un thème majeur du film, Le casse-pieds chinois s’appuie néanmoins sur une représentation plus juste de la réalité des Chinois et de la Chine d’aujourd’hui. Les triades y restent à la place qui est la leur, celle de quelques malfrats de droit commun, et les entreprises chinoises y rencontrent elles aussi des difficultés économiques.

C’est au cœur de cette communauté chinoise que le film se développe, combinant comédie et action alors que le buddy movie s’emballe. Appuyé sur une trame simple, claire et solide, le film se donne également le temps de flâner aux frontières de l’intrigue et d’y exploiter le potentiel comique, porté par un personnage de Chang qui prend systématiquement le spectateur à contrepied. Ces espaces de liberté seront autant d’occasions pour les acteurs de défendre leurs personnages, jusqu’à l’absurde, à travers des dialogues dont l’humour flirte avec le non-sens.

Car Le casse-pieds chinois est avant tout une comédie. Une franche comédie d’action assumée. Une comédie développée autour de la rencontre de deux personnages que tout oppose et qui apprennent à se connaître et à s’apprécier. Une comédie portée et nourrie par le resserrement des enjeux des protagonistes alors que le danger s’intensifie. Une comédie alimentée par un suspense maintenu à la limite du film d’action et de sa parodie. Une comédie qui, comme dans tout bon buddy movie, finit bien.

[1] Voir en particulier le sujet de France Culture sur le sujet

 

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VIADUC

Un scénario de Martin Fournier

Long-métrage – Fiction – Drame comique

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Lorsque son père lui demande de l’aider à mettre fin à ses jours, Sophie aimerait pouvoir échanger sa vie, comme on échange un chemisier qui ne s’accorde pas avec le reste de la garde-robe.

 

SYNOPSIS

Viaduc est une comédie.

Une comédie, vraiment ?  Une comédie sur la fin de vie, le « laisser partir », la souffrance ?

Oui. Justement.

Viaduc est l’histoire d’une femme entre deux âges qui se demande si la vie qu’il est en train de vivre est bien la bonne. Une femme qui envisage de rapporter cette vie, pour l’échanger contre une nouvelle, une différente.

Mais ce n’est pas si simple ! Entonne le chœur grec des doubles d’elle-même qui, tels des Jiminy Cricket, se matérialisent autour d’elle pour la critiquer, la rappeler à l’ordre… et lui rendre la vie encore plus difficile.

Une comédie développée autour de l’intrusion de l’imaginaire dans le réel, par un humour un brin grinçant, un brin absurde. Mais un brin seulement.

Derrière ce brin, Viaduc est l’histoire d’une femme désarmée face à la condition humaine, une femme à qui son propre père demande l’impossible : l’aider à en finir avec une vie de souffrance qu’il ne supporte plus.

Une comédie dramatique, alors ? Au sens littéral, oui.

Car Viaduc est avant tout le défi d’aborder le drame sans pathos.

Un pas de côté, du côté de l’humour, pour accéder à la vérité de l’émotion. 


 

 

NB : Ce vidéo pitch a été réalisé pour une version préliminaire du scénario, dans laquelle le protagoniste était un homme.


 

NOTE D’INTENTION

 

L’idée centrale de ce scénario est de parler de la question de la fin de vie du point de vue de la « moitié de vie ».

Parler de cette « moitié de vie », coincée entre des parents qui deviennent dépendants et des enfants qui sont encore loin d’être indépendants. Des enfants qui nous jettent à la figure tous ces possibles devenus inaccessibles et des parents qui ne cessent de nous rappeler le la brièveté du temps qu’il reste pour réaliser le peu qui est encore envisageable.

Parler de la difficulté du « laisser partir ». Laisser partir des parents qui vieillissent et nous quittent. Laisser partir des enfants qui grandissent et nous quittent. Laisser partir une compagne ou un compagnon de route qu’on a quitté depuis longtemps alors même que l’on continue à partager son lit. Laisser partir aussi ces rêves d’enfant qui s’accrochent malgré les assauts répétés de la vie qui nous jettent à la figure la certitude de leur irréalisme.

Grandir, vieillir, faire le deuil. Tous les deuils. Laisser partir pour commencer soi-même à se préparer à partir.

Viaduc est l’histoire d’une femme entre deux âges de qui on attend l’impossible.

Son père, malade, souffrant depuis des années, a pris la décision d’en finir avec cette vie de torture et lui demande de le conduire jusqu’au viaduc duquel il a décidé de se jeter.

Viaduc est l’histoire d’une femme confrontée frontalement à la condition humaine sans avoir la possibilité de détourner le regard. Une femme confrontée à l’obligation de laisser partir, sans y avoir été préparé.

Viaduc est l’histoire d’une femme comme toutes les autres, qui se demande pourquoi la vie s’acharne contre elle et qui se trouve face à des choix impossibles mais incontournables.

Viaduc est également un défi. Celui de s’attaquer à des questionnements d’une lourdeur extrême sans pathos, par l’angle de la légèreté. Une légèreté et une forme de distanciation prises comme raccourcis vers la complexité et l’universalité pour court-circuiter le dédale des images toutes faites. Pour atteindre la vérité de l’émotion, le parti pris est de faire un pas de côté, du côté de l’humour, un décalage indispensable pour éviter l’écueil d’une émotion réduite à son idéalisation.

Si la vie s’acharne sur Sophie, les épreuves qu’elle affronte sont inhérentes à la condition humaine et nous attendent tous, sous une forme ou une autre. Alors qu’elle a la sensation de vivre une vie qui n’est pas la sienne, son histoire pourrait être la nôtre. Et lorsqu’elle devient effectivement la nôtre, elle nous submerge comme elle submerge Sophie, sous un flot de dilemmes qui font voler en éclat la moindre certitude.

Le dispositif formel mis en œuvre dans Viaduc consiste à jouer avec cette sensation de submersion. Jouer au sens littéral, pour offrir un contrepoint de légèreté onirique au poids et à la lourdeur de la structure narrative « brute ». Un contrepoint qui repose sur l’exploitation filée de deux thèmes : la sensation d’être étranger à sa propre vie et la multiplicité du moi. Le jeu joué par Sophie et son père sur leur relation et la matérialisation des « doubles » visent ainsi à créer un décalage onirique qui, à la manière du Bertrand Blier de Trop belle pour toi ou Le bruit des glaçons, vient tout à la fois à approfondir et alléger le cœur du propos.

Sans être autobiographique, Viaduc est également en partie mon histoire.

Je me suis retrouvé dans cette chambre, face à mon père qui souffrait depuis des années. Un père qui n’en pouvait plus et qui m’a fait cette demande horrible, irréelle, inconcevable, de lui promettre de le conduire jusqu’à son viaduc.

Ce jour-là, le sol s’est ouvert sous mes pieds. C’est moi qui tombais de son viaduc. Mais au même moment, une autre partie de moi me regardait tomber, froidement, d’un regard étonnamment extérieur.

Cinq minutes plus tard, je plaisantais avec mon père, dans cette même chambre, autour de ce même lit et je me demandais si je n’avais pas tout rêvé.

Je n’ai pas eu à conduire mon père jusqu’à son viaduc. La maladie s’en est chargée. Je ne sais toujours pas si je l’aurais fait. 

 


Illustration du procédé de matérialisation des doubles

 

 

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Lequel de mes plusieurs ?

Un projet de Martin Fournier

Série – 40×3′ – Fiction – Comédie

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« La vie serait tellement simple si tout n’était pas si compliqué » – Anonyme (XXIème siècle)

CONCEPT

A tout instant, chacun d’entre nous est plusieurs. La décision la plus anodine est sujette à de violents débats internes entre les différentes facettes de nos personnalités.

Lequel de mes plusieurs aura gain de cause ?

Si le phénomène a été abordée à de nombreuses reprises dans les oeuvres de fiction, de l’ange et du démon du Milou de Tintin au Vice
Versa
de Disney Pixar, c’est qu’elle est structurellement ancrée au coeur de la condition humaine et de ce fait inépuisable et déclinable à l’infini. 

L’objectif de ce projet est d’en proposer une exploitation originale sous forme d’une série de très courts épisodes de comédie décalée au cours desquels les différentes personnalités se matérialisent comme des doubles qui apparaissent autour du personnage pour débattre avec lui. Du plus banal au plus métaphysique. Du plus lourd de conséquences au plus anodin… Rivalisant de mauvaise foi, sans logique ni cohérence, ils ne font au final que compliquer les choses. Mais il faudra pourtant bien trancher.


LE DISPOSITIF

40 épisodes de 3’.

La série est construite autour de 8 personnages récurrents : 4 hommes et 4 femmes à trois âges de la vie (adolescence, trentaine, cinquantaine, séniors).

Chaque épisode porte sur une question qui se pose à l’un d’entre eux, de la plus cornélienne à la plus futile. 

La flexibilité du dispositifs et du format permet également d’intégrer d’autres personnages (potentiellement des guest stars) ponctuellement ou de manière récurrente sans être systématique.

 

Dans toutes les situations de la vie, chacun d’entre nous est confronté à cette multitude de « plusieurs », qui parlementent, cherchent des compromis, se lancent parfois dans de violents conflits… Une source inépuisable d’inspiration. 

Lequel de mes plusieurs aborde ce tiraillement entre chacun de nous et ses plusieurs par une série d’épisodes de comédie très courts. 

Les sujets abordés seront tour à tour légers ou graves, mais le traitement en sera toujours celui du sketch comique à chute. 

Pas de pathologie, en tout cas pas plus qu’il n’en existe en chacun d’entre nous.


DE L’EXPERIMENTATION AU PILOTE

Ce qui a commencé comme une blague avec “Alors, on est pas bien, là ?” a progressivement pris plus de consistence jusqu’à aboutir à la conceptualisation actuelle du projet. 

Ces premiers pas autoproduits illustrent tout à la fois l’utilisation de la technique d’insertion par matte painting et les possibilités de traitement narratif (les 8 épisodes pilotes sont disponibles sur la playlist Youtube du projet).

Bien que réalisé avec un budget modique (2 pizzas), le dernier épisode en date (Voilasine) illustre pleinement le potentiel de la série. Il a été sélectionné et primé dans de nombreux festivals français et internationaux.

 

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Longs-métrages fiction


Le casse-pieds chinois

LONG-METRAGE FICTION

COMEDIE

Lorsque son entreprise décide de délocaliser sa production de Russie en Chine, Patrick, jeune cadre dynamique obnubilé par la réussite professionnelle, fait croire à son patron qu’il maîtrise parfaitement le chinois alors qu’il n’en parle pas un mot.

Pour maintenir l’illusion, il est contraint de faire équipe avec Chang, un jeune Chinois fantasque et imprévisible qui ne fait que lui compliquer la tâche et l’entraîne dans une succession de situations de plus en plus périlleuses et rocambolesques.

Présentation détaillée du projet


Viaduc

LONG-METRAGE FICTION

DRAME

Viaduc, c’est l’histoire d’un homme entre deux âges de qui on attend l’impossible. 

Son père, malade, souffrant depuis des années a pris la décision d’en finir et lui demande de le conduire jusqu’au viaduc duquel il a décidé de se jeter.

Viaduc, c’est avant tout un défi. Celui de s’attaquer à des questionnements d’une lourdeur extrême par l’angle de la légèreté et de la distanciation. Un pas de côté, du côté de l’humour, pour accéder à la vérité de l’émotion.

 

Présentation détaillée du projet


Série de format court


Lequel de mes plusieurs ?

Série TV : 40 x 3′

A tout instant, chacun d’entre nous est plusieurs. La décision la plus anodine est sujette à de violents débats internes entre les différentes facettes de nos personnalités.

Lequel de mes plusieurs aura gain de cause ?

Ce projet explore la variété des maest de proposer une exploitation originale sous forme d’une série de très courts épisodes de comédie décalée au cours desquels les différentes facettes d’un personnage  

Cette série de format très court (3′) explore cette question sous l’angle de la comédie par une série d’épisodes au cours desquels les différentes personnalités se matérialisent comme des doubles qui apparaissent autour du personnage pour débattre avec lui. Du plus banal au plus métaphysique. Du plus lourd de conséquences au plus anodin… Rivalisant de mauvaise foi, sans logique ni cohérence, ils ne font au final que compliquer les choses. Mais il faudra pourtant bien trancher ! 

Présentation détaillée du projet